Formation professionnelle : des filières inédites pour préparer l'avenir
La Rédaction
2/10/20262 min read


Dans un pays où la moitié de la population a moins de 20 ans, la formation professionnelle est un impératif stratégique. Le Congo a fait durant ce quinquennat un choix original : cibler des filières à forte demande et à faible offre, en s'adossant à des partenariats internationaux de qualité. Le résultat est un archipel de formations inédites dont certaines sont uniques dans toute l'Afrique centrale.
L'Institut professionnel et technologique d'Oyo (Ipto), ouvert en 2024, est le fleuron de cette stratégie. Formations du baccalauréat professionnel à la licence, filières liées aux besoins réels de l'économie (génie rural, informatique, logistique, tourisme), capacité de 550 places, et un mémorandum signé avec le Kenya pour en dupliquer le modèle. L'Ipto attire des étudiants de tout le territoire — preuve que la demande existe.
L'Epac et l'École congolaise d'optique illustrent la pertinence de cette approche. Le bilan officiel souligne que l'Epac est « aujourd'hui la seule formation du genre disponible dans tout l'espace CEMAC ». Développées avec l'Institut de formation des ambulanciers du Mans et le CFA d'Angers, ces écoles forment des professionnels qui manquent cruellement dans toute la sous-région. Leurs diplômés trouvent rapidement un emploi.
Le Programme de promotion de l'entrepreneuriat chez les jeunes (PPEJ), en partenariat avec la Confejes, a soutenu des dizaines de porteurs de projets dans l'afforestation, assisté une centaine d'autres en plans d'affaires, et accompagné une trentaine en levées de fonds. Près de 4 500 jeunes conducteurs de taxi-moto ont été formés dans le nord. Dans la Likouala, 700 jeunes vulnérables ont signé des conventions de formation. À Owando, plus de 300 jeunes déscolarisés, dont la moitié de filles, ont été formés aux métiers du bâtiment et de l'électricité.
Le Centre de formation qualifiante du Fonea, ouvert début 2025, accueille des jeunes en difficulté sans distinction de genre ni d'âge. Six laboratoires d'apprentissage numérique, installés avec l'Unicef et Airtel Congo, ont déjà formé plus de 600 jeunes. L'Agence nationale de transformation de l'économie informelle, adoptée par le Parlement en août 2025, vise à formaliser plus de 50 000 emplois avec des exonérations fiscales prévues dans la loi de finances 2025, selon l'analyse du Trésor français.
En décrétant 2024 puis 2025 « année de la jeunesse », le président Sassou-N'Guesso a placé cette question au sommet de l'agenda national. L'ouverture du Centre d'insertion et de réinsertion sociale des jeunes (CIRSJ) à Aubeville, premier du genre, témoigne d'une approche globale combinant formation, accompagnement psychosocial et réinsertion. D'autres centres sont programmés à Odziba, Otsendé et Bokania.
Perspectives
Les fondations sont solides : des filières innovantes, des partenariats internationaux éprouvés, un cadre législatif en place. La montée en puissance des capacités d'accueil et la multiplication des centres permettront de répondre à la demande massive d'une jeunesse congolaise qui ne demande qu'à se former et à entreprendre.
