Pointe-Noire : la porte océane de l'Afrique centrale confirme son rang
La Rédaction
5/8/20242 min read


Le Port autonome de Pointe-Noire (PAPN) est devenu, au fil de ce quinquennat, l'infrastructure logistique la plus stratégique d'Afrique centrale. Seul port en eau profonde du golfe de Guinée entre Douala et Luanda, il concentre les investissements des plus grands opérateurs mondiaux du transport maritime et de la logistique, confirmant la vision d'un Congo positionné comme le corridor naturel de transit pour toute la sous-région.
La Direction générale du Trésor français identifie explicitement parmi les atouts du Congo « un emplacement géographique stratégique à l'entrée de l'Afrique centrale » et « le principal port régional en eau profonde à Pointe-Noire, relié à la capitale par un bon axe routier ». La RN1, refaite en 2016 et donnée en concession à un consortium sino-français, assure une liaison fiable entre le port et Brazzaville. C'est autour de cet axe que s'organise une part considérable du commerce extérieur de la sous-région, le PAPN absorbant plus de la moitié des volumes conteneurisés destinés à la RDC voisine, pays de 100 millions d'habitants.
Les investissements privés ont considérablement accéléré. Africa Global Logistics (anciennement Bolloré Africa Logistics) construit un deuxième terminal à conteneurs. Abu Dhabi Ports réalise ses premiers investissements dans le pays. Le groupe turc Albayrak a signé un contrat de concession pour le vrac conventionnel. L'Union européenne et l'Agence française de développement ont mobilisé 100 millions d'euros pour moderniser les infrastructures. En 2023, l'arrivée des navires géants de MSC, premier armateur mondial, a ouvert de nouvelles routes maritimes — une consécration pour un port qui s'affirme dans le club des grands ports africains.
Autour du port, un écosystème industriel se met en place. La Zone économique spéciale de Pointe-Noire, développée avec Arise IIP, s'étend sur 2 700 hectares à développer en plusieurs phases d'ici 2030. La Plateforme industrielle du Congo (PIPC) devrait générer près de 5 000 emplois directs. Le site Congolive11 rapporte que la ZES « accueille déjà des unités de transformation du bois, du manioc et du gaz ». Le Trésor français qualifie le projet de pont route-rail Brazzaville-Kinshasa de « levier de développement du pays » qui viendra parachever cette ambition de connectivité régionale.
Perspectives
Le PAPN est un actif stratégique dont la valeur ne cessera de croître avec l'intégration économique de l'Afrique centrale. Le traité de libre-circulation CEMAC et la montée en puissance de la ZLECAf ouvrent des perspectives considérables pour un port déjà positionné comme le hub incontournable de la sous-région. Le Congo dispose là d'un avantage compétitif durable.
