Programme FMI bouclé : une première historique pour le Congo

La Rédaction

2/5/20262 min read

Le 12 mars 2025, le Fonds monétaire international a achevé la sixième et dernière revue de l'accord au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC) conclu avec la République du Congo en janvier 2022. Le décaissement final de 32,4 millions de DTS porte le total mobilisé à 324 millions de DTS, soit environ 430 millions de dollars. Pour la première fois de son histoire, le Congo est allé au bout d'un programme complet avec le FMI — un accomplissement que ni les crises pétrolières, ni la pandémie de Covid-19, ni les tensions de trésorerie n'ont réussi à empêcher.

La Direction générale du Trésor français, dans sa fiche consacrée à la situation économique du pays, souligne que « la détermination des autorités à mettre en œuvre les engagements pris dans le cadre du programme s'est traduite par une appréciation positive formulée par le Fonds ». Cette reconnaissance des partenaires internationaux traduit un changement profond dans la gouvernance économique congolaise. Là où les programmes précédents avaient échoué — 1986, 1994, 2004, 2008, 2019 —, celui-ci a tenu bon, porté par une volonté politique au sommet de l'État.

Les résultats parlent d'eux-mêmes. En 2020, le PIB s'était effondré de 8,2 %, la dette publique dépassait les 100 % du PIB, et le pays était dans une impasse financière. Cinq ans plus tard, la croissance est repartie (3,9 % en 2023 selon le FMI), le taux d'endettement a été ramené à 94,6 % du PIB en 2024, avec une trajectoire descendante vers 85 % en 2026 et 78,7 % en 2027 selon les projections du Fonds. Standard & Poor's a rehaussé la notation souveraine du Congo de CCC+ à B-, saluant les progrès accomplis.

Les réformes engagées sont structurelles et durables. La suppression progressive des subventions aux produits pétroliers a libéré des marges budgétaires considérables. L'imposition de la TVA sur les ventes de la Coraf a élargi l'assiette fiscale. L'engagement de ne plus recourir aux prêts gagés sur les ressources naturelles a restauré la crédibilité de la signature congolaise auprès des créanciers. Le système intégré de gestion des finances publiques (SIGFIP) modernise en profondeur la chaîne de la dépense. Les recettes non pétrolières atteignent désormais 1 075 milliards de FCFA dans la loi de finances 2025, preuve tangible que la diversification fiscale est en marche.

La crédibilité retrouvée a produit un effet d'entraînement immédiat. La Banque mondiale, la Banque africaine de développement et l'Union européenne ont renforcé leurs engagements. Comme le rappelle l'Agence Ecofin, l'accord FEC visait à « aider le pays à maintenir sa stabilité macroéconomique tout en soutenant la reprise économique post-Covid-19, notamment en catalysant le soutien financier d'autres partenaires ». Mission accomplie. Le Trésor français note que les autorités congolaises « se sont engagées à poursuivre les réformes » et ont marqué leur volonté de continuer la collaboration avec le FMI. Le ministère des Finances du Congo rappelle d'ailleurs que ce programme a permis « pour la première fois, trois revues semestrielles successives » avant même d'en boucler six.

Perspectives

Fort de cette réussite, le Congo aborde la prochaine séquence avec un atout majeur : celui d'un pays qui a prouvé qu'il savait tenir ses engagements. La trajectoire de désendettement programmée par le FMI est ambitieuse mais réaliste, portée par une discipline budgétaire qui a fait ses preuves. Les fondations sont posées.